Sforzando

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Lundi, janvier 4 2010

Encore une ange qui passe...



"J'aime cette heure
Quand la marée change
Il y aura une fin
Aux envies et désirs ardents
Si je peux me défendre
Des anges et des hommes
Jamais plus je ne serais avalée
Encore une fois par les ténèbres
" (1)

Bon, no comment, sinon réécouter ses superbes galettes. A défaut de manger celles des rois de mercredi prochain, elle a déjà droit à une couronne de Reine, sinon à une auréole bien ajustée. Pour l'oraison, voyez avec Jérémie. Moi, j'ai encore le son de son vinyl qui tourne.

Je vous laisse, non avec un clip ou une chanson de son cru, mais avec mes voisins de Bratsch, rencontre inouïe entre géants "... c'est un gitan qui est en train de dormir et qui dit "ne me reveillez pas, tant que le soleil n'est pas levé...""



A Dieu la Belle

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(1) Lhasa - Anywhere On This Road - Album: The Living Road

La passion Osvaldo Golijov


ogTetro.jpg
J'avais évoqué précédemment les liens féconds entre cinéma et musique, et notamment la musique classique, au point que certaines B.O.F., loin d'être bof, se suffisent parfois à elles-mêmes. Je profite de la sortie du dernier Francis Ford Coppola, le très autobiographique Tetro, pour évoquer l'exceptionnel compositeur contemporain, Osvaldo Golijov, qui en signe une nouvelle fois la bande son (1)

Quand on écoute pour la première fois le compositeur argentin, une chose magnifique et immédiate saute à nos oreilles, celle d'une "modernité métisse", pour reprendre le sous-titre du dernier ouvrage de mon essayiste préféré J.C. Guillebaud, et le commencement d'un monde où la musique prouve à elle seule combien l'assimilation et l'interpénétration des cultures et traditions musicales peuvent s'avérer fécond. Il faut dire que Golijov en tient une couche : né en Argentine d'une mère roumaine et d'un père ukrainien, voyageur pétri de culture juive et chrétienne, il est multi-confessionnel jusque dans ces compositions : le klezmer nous fait danser le flamenco, la liturgie baroque espagnole côtoie la poésie arabe méditerranéenne, l'ésotérisme kabbalistique rencontre les chamanes, et toute sa musique respire de merveilleux syncrétismes néanmoins respectueux de chaque style.

Guère étonnant de le retrouver auprès du Kronos Quartet (autres habitués du mélange de style - Caravan), de la trépidante clarinette klezmer de David Krakauer, tout en chatouillant des bandonéons piazzolesques. Mais aussi toujours plaisant de retrouver sa muse vocale (et ma soprano préférée), Dawn Upshaw, accompagner la plupart des créations : Ayre, petit chef d'œuvre de chansons andalouses, les autres Three Songs parues dans Oceana, le Garcia-Lorcesque Ainadamar, ainsi que donc, les deux bandes sons de Coppola (Youth without Youth - 2007 et le nouveau Tetro).

OgAinadamar.jpg OgYWY.jpg

Bon, cette nouvelle bande originale pour Tetro habille plus le film d'une ambiance sonore qu'il n'offre une véritable exploration transculturelle. Ici c'est presque uniquement l'Argentine, l'ombre obsédante de Piazzolla qui plane et offre l'essentiel du thème. On y retrouve par moments l'expressionnisme de Sakamoto, mais il n'y a pas la profondeur du précédent score de Youth without Youth.

Mais Osvaldo Golijov excelle aussi dans l'art d'agrémenter son patrimoine culturel dans une oeuvre aussi somptueuse que déroutante : La Pasión según San Marcos. Cet opus tient du miracle esthétique en rassemblant une sorte de Missa Criolla qui invoquerait aussi bien Bach que des acolytes contemporains comme Steve Reich ouJohn Adams à venir chanter du grégorien sur un air de salsa, une Schola Cantorum indigène. On danse aussi bien que l'on écoute religieusement.


Pour ceux qui sont intéressés, une version pour deux pianos, percussions et orchestre est donnée en création mondiale à la salle Pleyel le 27 janvier prochain à 20h, par les sœurs Labèque. Une belle occasion d'écouter en live la musique de ce passionant compositeur.

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(1) Je ne me prononce ici dans une critique du film que je n'ai du reste pas encore vu.