Passée la curiosité pipolesque du titre qui vous aura subrepticement fait cliquer sur le lien de ce billet (avouer l'efficacité du teasing, hein?...), vous n'aurez pourtant perdu guère de temps pour découvrir et savourer le dernier disque de Carla, tant il se prête bien au Noël qui s'approche. Ce n'est pas seulement que le disque soit idoine à la circonstance (puisque la galette tournera avantageusement toute l'année), c'est surtout parce qu'il est excellent, et qu'il nous change de la soupe (populaire et indigeste) des Christmas Carols habituellement servis.
Carols qui ? ah oui, il vrai qu'on est moins habitués que nos tous nos oncles d'Amérique à se disputer le dernier trimestre (commercial) de l'année avec les fameux Christmas Carols, autrement dits les "chants de noël". Bon, nous, on s'est quand même farçi en boucle avec mamie et les petits chanteurs à la croix de bois (et la voix de fer) Minuit Chrétien (dont le contenu théologique douteux des paroles initiales de Placide Cappeau m'a toujours exaspéré), et le Petit Nicolas Papa Noël par Tino ou Nana; mais pas au point de s'enfiler un album entier dédié au genre. Car les anglos-saxons, eux, en on fait leur spécialité. Chaque artiste se doit d'avoir fait son album -spéciale cacedédi, qui fait quand même souvent tâche dans la discographie dudit artiste. Quand c'est Sinatra ou Aimee Mann, passe encore, mais quand c'est les Eagles ou même Robert Zimmermann s'y mettent, pfff, c'est quand même un peu gonflant (toute considération artistique par ailleurs). Alors quitte à vous conseiller ce qu'il se fait de mieux, oyez l'opus Jââzz de Carla Bley.
La pianiste, avec son fidèle Steve Swallow, toujours aussi mélodieux à la basse, s'est entourée du (Ed) Patyka Brass Quintet pour un concert qui sent bon. Le quintet nous sert un mélange de trompette, bugle, flugelhorn, de trombone et de glockenspiel particulièrement savoureux, un son feutré et intimiste qui amène les épices et le vin chaud au cœur de votre salon. Les reprises traditionnelles (O Tannebaum, Jingles Bells, O Holy Night...) sont arrangées pour être "smart" comme il faut (notamment le superbe Part Two de God rest De Merry Gentlemen), et l'on s'épargne avantageusement les paroles intutiles pour la circonstance. Les compositions de Carla herself (Hell's Bell's et Jesus Maria) font le pain d'épice du disque. Si la fille du kapelmeister a baigné dans l'ambiance des églises étant jeune, elle y est retourné (le très bon ...goes to church en Big bang de 1996), en y apportant l'ambiance feutrée et enfumée des caves de jazz. Ça ronronne comme il faut sans être ronronnant, relevé quand il faut, toujours plaisant et équilibré. On savourera pour les fêtes et, avantage certain, c'est déclinable pour les 364 jours restants.
Carla Bley - Carla's Christmas Carols, with Steve Swallow and the Patyka Brass Quintet - 1 disque ECM - WATT Production 60'38
(Photo Credit unknown)

Il y a des plaisirs ouïssifs qui vous détendent autant qu'ils vous transportent. Notamment à l'heure du thé à la menthe, autour d'un bon narguilé. 
Pour notre belle belge, le choix est à l'interprétation revisitée et personnelle d'un certain nombre de titres du troubadour, dont certains peu connus. C'est même l'intérêt principal de cette playlist, qui permet à Maurane de nous faire apprécier et apprivoiser des textes du poête claude et nous évitant de tomber dans l'écoute d'une compile qui ne serait faite que de tubes archiconnus (2) ou de rester coincés dans LA comparaison permanente entre le Maître et un interprète. Sans démonstration vocale particulière (ce qui eu été un vrai risque connaissant ses capacités, mais a qui est parfois au contraire un peu trop retenu), Maurane arrive à aborder des chansons phares de façon parfois surprenante mais également réussie. 
Le quartet du moment est idéal pour traduire les couleurs du registre de l'enfant des Minimes : Pierre-Alain
Avant la grande messe tolosane le