Les belles inspirations de H-burns
Par sFz le Lundi, mars 22 2010, 16:40 - Pop, Rock & folk - Lien permanent
Certes, l'héritage et les références revendiquées pourraient sembler lourdes à porter : Bob Dylan, assurément; Léonard Cohen ou Neil Young sans doute, mais plus éclectique que ces monstres sacrés, il y a aussi l'apprêtée de la voix tendance Calvin Russell ou Tony Joe White, une pâte musicale folk ténébreuse ou mélodieuse à la Townes Van Zandt, mais ce serait sans doute l'enfermer dans le genre, puisque H-Burns, qui visite près de quatre décennies de songwriting et d'americana, allant de Guthrie à Springsteen en passant par Cat power, a sa propre écriture et une musique enjolivée - juste ce qu'il faut - par d'excellents siders, Stéphane Milochevitch, Antoine Pinet et Jonathan Morali.
Mais tout comme la tête de file de Syd Matters, Renaud Brustlein, figure de proue de H-burns, ne sort pas du middle-west américain, n'est pas anglophone (quand bien même il délaisse logiquement la langue de Molière pour la nécessité du style). Nop, il sort du middle-east hexagonal, entre Drôme et Ardèche, et compte dorénavant 3 albums aussi dépouillés que riches.Il y a d'abord eu l'acoustique (et très Zimmermanien) Songs from the electric sky avec notamment Cloud Killer, que j'aime beaucoup. Est venu ensuite la révélation d'How strange it is to be anything at all , co-produit par Jonathan Morali avec quelques pépites : Big city blues, Horses with no medals, contrary winds, Thougths of Morella.
Il y a enfin le confirmé et mature We go way back, sorti en novembre dernier. L'écriture est belle et ciselée, les arrangements et les digressions toujours enivrantes. L'épure du style n'empêche pas la tension palpable de certains riffs obsédants, les mélodies rudement efficaces : l'électrique Fire in empty buildings, un nébuleux Half a man / half a freak, un hypnotique So long dying cities, ou encore Melting point. Loin de neurasthéniques ballades, cet album riot nous offre un fascinant road-movie auquel on reste facilement scotché.
Petit bonus avec ce superbe morceau joué lors d'un mini-concert acoustique de H-Burns dans la chapelle de Trébry, le 6 février 2010 :
Je vous conseille donc de découvrir cet artiste et d'en mesurer la prestance phono-scénique à l'occasion d'un de ses concerts.
Photo Crédit : (copyright) Diane Hion 2009
Discographie :
- Songs from the electric sky - 2005-2007 (deluxe edition) - Boxson
- How strange it is to be anything at all - 2008 - Boxson
- We go way back - 2009 - PBox