Sforzando

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Tag - Frères Jacques

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Mardi, février 2 2010

Entre deux caisses, ils sont bien là. Santé !


Depuis l'âge d'or des Frères Jacques ou des 4 barbus, l'exercice d'interprétation de la chanson en chœur, (harmonies, mise en scène et instrumentation comprise, le tout sans excès de sonorisation -voire en acoustique) réclame une excellence et une rigueur où seul le travail évident vient couronner l'exercice. A cappella ou avec instruments, les artistes "complets"  qui ont pris le relais répondent encore présent, dans leurs styles respectifs, toujours renouvelés : le classique Quatuor, feu (jazzy) T.S.F., les iconoclastes Chanson Plus Bifluoré, les clownesques Wriggles ou les 4 à Strophes... la liste n'est bien sur pas exhaustive.



Entre Deux Caisses, comme le dit Gérard Biard, est quant à lui un "quatuor de chanteurs musiciens amoureux du verbe, de la mélodie et de la déconnade. (...) Si vous ne trouvez pas votre bonheur làdedans, si les frissons ne vous parcourent pas l’échine à intervalles réguliers, vous faites partie des cerveaux disponibles convoités par Etienne Mougeotte. Entre 2 Caisses ne peut rien pour vous et c’est dommage.

La bande distille un nectar et un répertoire à faire pâlir les meilleures playlists. Que se soit avec des reprises ou avec du sur mesure, les meilleures plumes épistolaires ou musicales ont de quoi remplir plus que deux caisses : Apollinaire, Francis Blanche et Pierre Dac, Serge Gainsbourg, Léo Ferré, Jacques Brel, Jean Villard-Gilles, Allain Leprest, Michel Bühler, Les Romain Bouteille et Didier, Wally,  Olivier Volovitch (Volo), Denis Lachaud, Gilbert Lafaille, Loïc Lantoine, Gérard Pierron, Claude Semal, Jehan, la plume de Gérard Morel et encore quelques autres.

Et ce qui saute aux oreilles en écoutant ce quatuor, c'est cette diction parfaite qui met les mots et leurs syllabes en bouche, les vers en verre. Un hommage permanent rendu à la saveur du texte, à sa popularité poétique comme à sa poésie populaire et, il faut le dire, c'est un vrai régal. Comme tout bon vin, il se bonifie très bien. Tout comme les frères Bellec et leurs deux complices d'antan, les quatre gus s'offrent mutuellement un très belle complémentarité. Mais ici, le riche piano d'Hubert Degex est remplacé par un piano du pauvre, une contrebasse, une guitare et quelques autres fioritures.

On se plait ou se complait dans l'ivresse et les victuailles, la chair et de regrettés bordels, l'espérance es scatologique, les chemins de traverses, les désagréments des humbles (L'andropause, les laides...), ça sent bon le Bernard Dimey, la chanson (sur)réaliste ou ubuesque. Le tout est chanté avec une sorte de tendresse avinée rendue aux personnages qui peuplent ces tirades et les quatre artisans "chantistes" poussent l'auditoire à une forme de respect oblatif et hébété.

Lien Youtube (parfois cassé) :


Petit morceau choisi :

(...) Qui se paie Odette s'enrichit
Rien ne sert de se l'offrir à point
La nuit tous les fachos sont gris
Des fois on y perd son lapin
Suivant que riche ou misérable
Vaut mieux avoir volé un boeuf
Tout le poulailler et l'étable
Que piquer l'oeuf

C'est fait pour tuer la mauvaise herbe
Tous les proverbes nous emmerdent
Tous les proverbes nous emmerdent
C'est fait pour tuer la mauvaise herbe (...)

Tous les Proverbes -
Loïc Lantoine/Allain Leprest Jehan Cayrecastel (excusez du peu ^^)

Alors pourquoi se priver de cette liqueur, me direz vous. C'est que le groupe est ces jours-ci en tournée (autour) de Bercy : Vincennes, le point Virgule, et les bonnes tavernes que sont le Limonaire (3 fév.)et le Forum Leo Ferré (5 et 6 fév.), et que donc la (relative) rareté de leur présence se doit d'être honorée. C'est aussi que loin de la production industrielle majoresque, leur dernier album in vivo "On y est presque" n'est disponible qu'aux concerts ou par correspondance. Enfin, que l'un des quatre, Dominique Bouchery, sort lui-même une fine poire qui semble également bien alléchante...

Suffisamment d'actualité pour ne pas rester le cul entre deux chaises et découvrir ces gaillards ragaillardissants. Chantez et Santé !

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Entre Deux Caisses - 4 litres disponibles :

- Fallait pas m'faire chier la veille...! - 2000
- Faute de grives - 2003 (Prix Charles Cros)
- Ça, c'est fait ! - 2005
- On y est presque - 2009

Jeudi, septembre 17 2009

Cré vin dieu, V'là Ricet !


«Y'a des gens qui cherchent l'amour, y'a des gens qui cherchent l'argent. Ces gens-là, ils cherchent toujours. Quand ils se réveillent, ils ont cent ans. S'ils trouvent quelque chose, ils cherchent encore, ce qu'ils veulent, c'est la poule aux oeufs d'or. A ce type d'individu nous disons non.»

Il y a des artistes, sans prétention aucune, qui font de leur (presque trop grande) discrétion ainsi que de leur magnanimité une preuve de l'authenticité à vivre simplement.
Les chansons de Ricet Barrier, outre le fait de nous faire rire, sont des piqures de rappel au bon sens : la vacuité des modes, des petites idoles consuméristes auxquelles on s'attache mais surtout l'oubli effarant des choses simples, quotidiennes -voire routinières mais gratuites, qui font le vrai sel de l'existence. Ce mec a toujours l'art de vous remettre, avec la larme de joie à l'œil, les pieds sur terre, quand bien même c'est sur un bon tas de fumier : Il a quelque chose du bon et sage paysan (qu'il a su merveilleusement mettre à l'honneur dans son répertoire) qui regarde avec malice les jeunes ou les citadins (les cousins d'Paris) s'éloigner aussi bêtement des choses vraies. Il vise toujours juste, sans méchanceté, nous délivrant une ordonnance médicale façon secret de grand-mère : des pissenlits, se curer le nez au feu rouge, pousser une bonne chanson paillarde, être tel quel.

L'un des auteurs le plus à l'honneur au répertoire des Frères Jacques, lui-même athlète de la chanson, a livré notamment avec son compère Bernard Lelou une œuvre à mettre au panthéon de la chanson française : Des 300 millions (la belle épopée du spermato qui fait que vous pouvez vous vanter d'être arrivé premier au moins une fois dans votre vie) au cul de la Patronne en passant par les plaisirs gratuits, l'enterrement, la java des gaulois, quelques figures féminines (Dolly, Isabelle, Marie, Odile, Thérèse ou encore sa femme Anne, sans oublier celles revisitées de sa mythologie : Pénélope, Diane...), et tant de personnages croqués qui vous font regarder autrement votre marchande de poisson ou votre bouchère, le curé ou la péripatéticienne du coin.

Une chanson comme les vacanciers (haha, combien de fois l'ai-je chantée en descendant de Paname vers les hauteurs lozèriennes...) est du meilleur cru :



Le plaisant moustachu se fait (hélas) trop rare sur scène pour que vous ne fassiez l'effort d'aller l'écouter (mais avec quelle récompense, je vous l'répète, c'est thérapeutique !) le 8 octobre 2009 à St germain en Laye avec Yor en première partie (1).

Sinon, vous êtes priés de l'écouter allongé sous les étoiles chez l'ami Serge le 25 septembre, en rejoignant les quelques illuminés de sa secte et en achetant ses albums, of course !

Toujours bon pied bon œil, le Ricet, mais philosophe :"Passé soixante ans, quand on se réveille sans avoir mal quelque part, c'est qu'on est mort." !

Merci encore Mr Barrier.
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(1) le reste de l'affiche est alléchant : les Wriggles, Jules, Clarika, Aldebert, Belle du Berry, Yves Jamait etc.