J'ai deux amours en musique (1) : le violoncelle et les compositeurs espagnols. Si on me propose un Deux-en-un, je vais surement pas dire non. Si en plus c'est Anne Gastinel qui joue, que demander de plus ?
La belle Anne est on ne peut plus éclectique : de Bach à Tanguy, De Haydn à Barber en passant par Schumann, Brahms, Dvorak, Elgar et tant d'autres, elle se joue des époques et des styles, de l'époque baroque aux contemporains, toujours avec aisance et grâce. Et si le répertoire n'est pas adapté ou pas fait pour son instrument, elle s'en plaint directement auprès du compositeur (2) et se lance dans les transcriptions. Exercice délicat, tant les prétentions et les résultats sont immanquablement confrontés aux œuvres initiales. Armé de six autres cordes avec l'argentin Pablo Marquez à la guitare, Anne Gastinel nous livre avec Ibérica, quelques grands moments du répertoire espagnol versions cordes, revisitant trois grand Hombres : Granados, De Falla, et Cassado.
"J’aime ce pays. L’Espagne. Ses couleurs, ses parfums, sa chaleur, son énergie, son lyrisme, son âpreté, sa générosité, son dynamisme, sa pudeur, sa fierté, son enthousiasme. Sa musique est tout cela. Mélange enivrant de ses paradoxes. Intense reflet et de son âme. Mes voyages me mènent souvent sur ses terres ; bonheurs sans cesse renouvelés." A.G.
Quand on aborde les compositeurs espagnols, il va de soi que ce sont l'emblématique instrument national à six cordes et le piano ont eu la part belle fin 19ème/ début 20ème (Encore que le principal, Granados, n'ait précisément jamais, chose curieuse, écrit pour la guitare). Le violoncelle a surtout été le fait de Gaspard Cassado, violoncelliste à l'école de Pau Casals qui composa la fameuse et belle suite pour solo cello (reprise sur le disque) et qui fit lui-même nombre de transcriptions pour son instrument.
De Falla (qui fit quelques pièces de musique de chambre avec violoncelle) composa de fameuses danza et canciones dont les transcriptions sont ici allègres et sonnent très bien. D'autres danza et une goyesca de Granados (3) complètent le tableau pour un album vibrant et abouti.
Notre chère violoncelliste et son acolyte revisitent donc un patrimoine musical très riche. Peut-être les transcriptions ne s'y prêtaient-elles pas, mais il eu été magique et complet d'explorer d'autres grands noms espagnols. Je suis sûr que quelques Suburbis et scènes d'enfants de Mompou, des opus de Tarrega ou de Sor sont à explorer. Dis Anne, chiche que tu as de quoi faire un Ibérica 2 à l'occasion ?...
En attendant, régalez-vous avec ce disque ou au théatre des Bouffes du Nord le 12 octobre prochain (complet, héhé!)
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(1) entre autre, car j'en ai pas que deux, l'amour surabonde ^^
(2) dédicace à l'adresse de Schubert qui n'a guère fait pour le violoncelle sinon une pièce fameuse pour son ascendant direct l'Arpeggione. Mais faut pas lui en vouloir à Franz, quand on part à 31 ans, on a pas pu tout explorer, hein ?! L'instrument étant le plus proche de la voix humaine, suave et chaud, il paraissait évident d'en faire la voix sur la série de lieder joués avec Claire Désert (Arpeggione - Naïve 2005)
(3) Faites-moi le plaisir d'écouter les goyesca par Alicia de Larroccha, c'est divin...