Manu Lods reste parmi les inconnus de son genre un sacré chansonnier. Il a pourtant de la bouteille, vu qu'il a vadrouillé il y a des années en compagnie de Font et Val, puis avec Sarclo.

Les admirateurs de la Miss Miravette connaissent forcément la "cucul" - dont l'interprétation au féminin en est devenu meilleur que l'original, et le "petit Ivry", ce bijou sur l'enfance chanté par Allain Leprest. Pour le reste, il n'y a pas Mastercard guère que les auto-produits épuisés avec son BlueJean Trio (dont je me repaîtrerais bien si c'était possible, rien que pour entendre un singulier "Le foot et la masturbation") et les "mâchoires de velours" que j'ai usé sur ma platine. Enfin un opus pour les mômes (Si la tour Eiffel était une girafe).

Les mâchoires de velours, qui a la pâte musicale des arrangements des Escrocs et donc d'Éric Toulis (dont vous devez au passage absolument aller voir le nouveau spectacle, Entremont bon, avant le prochain concours de l'Eurovision), égraine de belles odes au féminin comme Claire d'Angleterre, Le string, Cucul et... même la Grand-maman (moche, méchante et qui pue), des chansons michto de banlieue (Rez-de-chaussée, Vert parisien, Tati et l'excellent Vespa Davidson, customisé à la Renaud et joli pendant de la mobylette des Escrocs sus-nommés)

Il était donc temps que Môssieur Lods nous fasse les honneurs d'un nouvel album, ce qui devrait être enfin le cas d'ici quelques décades. Faut dire aussi que la mise en bouche de sa chanson "Vrai métier" constitue déjà depuis des mois un hymne en soi. Au milieu des chansons "-on" de l'ami Meyer, celle-ci est d'une intelligence et d'une ironie bien plaisante.


Encore un artiste vivifiant, à guetter et à écouter sans modération pour le plaisir des tympans comme des neurones. Il sera (notamment) au limonaire les 26 et 27 mars ainsi que de retour au bercail de l'ACP, Espace Christain Dente le vendredi 9 avril.