«Y'a des gens qui cherchent l'amour, y'a des gens qui cherchent l'argent. Ces gens-là, ils cherchent toujours. Quand ils se réveillent, ils ont cent ans. S'ils trouvent quelque chose, ils cherchent encore, ce qu'ils veulent, c'est la poule aux oeufs d'or. A ce type d'individu nous disons non.»
Il y a des artistes, sans prétention aucune, qui font de leur (presque trop grande) discrétion ainsi que de leur magnanimité une preuve de l'authenticité à vivre simplement. Les chansons de Ricet Barrier, outre le fait de nous faire rire, sont des piqures de rappel au bon sens : la vacuité des modes, des petites idoles consuméristes auxquelles on s'attache mais surtout l'oubli effarant des choses simples, quotidiennes -voire routinières mais gratuites, qui font le vrai sel de l'existence. Ce mec a toujours l'art de vous remettre, avec la larme de joie à l'œil, les pieds sur terre, quand bien même c'est sur un bon tas de fumier : Il a quelque chose du bon et sage paysan (qu'il a su merveilleusement mettre à l'honneur dans son répertoire) qui regarde avec malice les jeunes ou les citadins (les cousins d'Paris) s'éloigner aussi bêtement des choses vraies. Il vise toujours juste, sans méchanceté, nous délivrant une ordonnance médicale façon secret de grand-mère : des pissenlits, se curer le nez au feu rouge, pousser une bonne chanson paillarde, être tel quel.
L'un des auteurs le plus à l'honneur au répertoire des Frères Jacques, lui-même athlète de la chanson, a livré notamment avec son compère Bernard Lelou une œuvre à mettre au panthéon de la chanson française : Des 300 millions (la belle épopée du spermato qui fait que vous pouvez vous vanter d'être arrivé premier au moins une fois dans votre vie) au cul de la Patronne en passant par les plaisirs gratuits, l'enterrement, la java des gaulois, quelques figures féminines (Dolly, Isabelle, Marie, Odile, Thérèse ou encore sa femme Anne, sans oublier celles revisitées de sa mythologie : Pénélope, Diane...), et tant de personnages croqués qui vous font regarder autrement votre marchande de poisson ou votre bouchère, le curé ou la péripatéticienne du coin.
Une chanson comme les vacanciers (haha, combien de fois l'ai-je chantée en descendant de Paname vers les hauteurs lozèriennes...) est du meilleur cru :
Le plaisant moustachu se fait (hélas) trop rare sur scène pour que vous ne fassiez l'effort d'aller l'écouter (mais avec quelle récompense, je vous l'répète, c'est thérapeutique !) le 8 octobre 2009 à St germain en Laye avec Yor en première partie (1).
Sinon, vous êtes priés de l'écouter allongé sous les étoiles chez l'ami Serge le 25 septembre, en rejoignant les quelques illuminés de sa secte et en achetant ses albums, of course !
Toujours bon pied bon œil, le Ricet, mais philosophe :"Passé soixante ans, quand on se réveille sans avoir mal quelque part, c'est qu'on est mort." !
Merci encore Mr Barrier.
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(1) le reste de l'affiche est alléchant : les Wriggles, Jules, Clarika, Aldebert, Belle du Berry, Yves Jamait etc.